Abattement pour durée de détention
La part de la plus-value effacée par le temps : plus vous gardez le bien, moins vous êtes taxé.
Le décompte se fait en années pleines de détention, et il est progressif jusqu’à l’exonération complète. Vendre quelques semaines avant une date anniversaire peut donc coûter cher pour rien : c’est l’un des rares cas où la date de signature se choisit.
Agence nationale pour la rénovation urbaine ANRU
L’agence qui finance la rénovation des quartiers ; ses zones d’intervention servent aussi de périmètre à certains avantages fiscaux.
Aide personnalisée au logement APL
L’aide au logement versée sous conditions de ressources, qui vient alléger un loyer ou, dans certains cas, une mensualité.
Amortissement (comptable)
La déduction chaque année d’une part de la valeur du bien, pour tenir compte de son usure, sans rien décaisser.
C’est une charge « de papier » : elle réduit le bénéfice imposable alors qu’aucun euro ne sort de votre poche cette année-là. D’où des loyers meublés encaissés sans impôt pendant longtemps. Attention à ne pas le confondre avec l’amortissement d’un prêt, qui, lui, désigne le remboursement du capital.
Barème fiscal de l’usufruit
La table officielle qui répartit la valeur d’un bien entre usufruit et nue-propriété selon l’âge de l’usufruitier.
Elle n’est pas une estimation économique mais une convention : elle procède par tranches d’âge, si bien qu’un anniversaire peut déplacer la répartition d’un coup. Un barème différent s’applique à un démembrement à durée fixe. Le calculateur applique celui de votre situation, à la date que vous choisissez.
Bénéfices industriels et commerciaux BIC
La catégorie fiscale des activités commerciales, dont relève la location meublée.
C’est la raison de fond pour laquelle louer meublé et louer vide n’ont rien à voir fiscalement : le meublé est traité comme un commerce, avec sa comptabilité, ses amortissements et ses règles propres.
Cash-flow
Aussi appelé : trésorerie, flux de trésorerie
Ce qui reste réellement sur le compte chaque mois, une fois le crédit et toutes les charges payés.
Un bien peut être rentable et pourtant vous coûter de l’argent tous les mois — c’est le cas normal quand on emprunte : le locataire rembourse le capital, mais pas la totalité de la mensualité. Un cash-flow négatif n’est pas un échec, c’est un effort d’épargne forcé ; il devient un problème quand il dépasse ce que vous pouvez tenir sur la durée.
Charges comprises CC
Aussi appelé : hors charges, HC
Un loyer « CC » inclut les charges refacturées au locataire ; un loyer « HC » ne compte que le loyer nu.
Deux annonces au même prix ne proposent donc pas la même chose. Le détail a un effet très concret sur un dossier de prêt : c’est le loyer charges comprises que la banque retient pour apprécier un investissement locatif, et présenter un loyer hors charges en croyant bien faire revient à sous-vendre son propre dossier.
Charges récupérables
Les charges que le propriétaire avance mais peut refacturer au locataire.
La liste est fixée par décret : essentiellement l’entretien courant, l’eau, le chauffage collectif, l’ascenseur, l’enlèvement des ordures. Tout le reste — gros travaux, honoraires de syndic pour l’essentiel, taxe foncière — reste à la charge du propriétaire. C’est ce partage qui sépare le loyer « charges comprises » du loyer réellement encaissé.
Débours
Les sommes que le notaire avance pour votre compte auprès de tiers, et qu’il vous refacture à l’euro près.
Documents d’urbanisme, état hypothécaire, géomètre, publication de l’acte : ce ne sont ni ses honoraires ni un impôt, juste des frais réels remboursés.
Déclaration d’utilité publique DUP
L’acte administratif qui reconnaît l’intérêt général d’une opération de restauration, et peut à ce titre ouvrir droit au Malraux.
Décote
Un rabais : sur la valeur d’un bien qui subit une contrainte, ou sur l’impôt lui-même dans certains barèmes.
Sur un bien, elle rémunère un inconvénient : ne pas percevoir les loyers pendant quinze ans, acheter un bien occupé, détenir des parts difficiles à revendre. Elle n’est jamais une bonne affaire en soi, c’est le prix d’une gêne, et la question est de savoir si elle vous gêne vous. Le mot désigne aussi, en fiscalité, un mécanisme qui atténue l’impôt juste au-dessus d’un seuil — l’impôt sur le revenu et l’IFI en ont chacun un — pour éviter qu’un euro gagné n’en coûte cent.
Déficit foncier
Quand les charges d’un bien loué vide dépassent ses loyers, le trou creusé vient effacer d’autres revenus imposables.
C’est le mécanisme le plus efficace du locatif nu, parce qu’il agit sur le revenu global — donc à votre tranche marginale — et non sur les seuls loyers. Une partie seulement est imputable ainsi, dans la limite d’un plafond annuel ; le reste attend et s’impute sur les revenus fonciers des années suivantes. Les intérêts d’emprunt suivent une règle à part.
Démembrement
Couper la propriété en deux droits distincts : l’usufruit d’un côté, la nue-propriété de l’autre.
Personne n’est alors « propriétaire » tout seul : l’un a l’usage et les revenus, l’autre a le bien mais devra attendre. Le démembrement peut être temporaire (une durée fixée d’avance) ou viager (jusqu’au décès de l’usufruitier). C’est l’outil central de la transmission et de l’investissement sans gestion.
Diagnostic de performance énergétique DPE
L’étiquette de A à G qui note la consommation d’énergie d’un logement.
Ce n’est plus un simple indicateur : les logements les plus mal notés sont progressivement interdits à la location, ce qui en fait un risque juridique et une décote à l’achat. Un bien peu cher avec une mauvaise étiquette porte en réalité un budget travaux implicite.
Direction régionale des affaires culturelles DRAC
Le service régional du ministère de la Culture, qui peut subventionner les travaux sur un monument historique.
Le fait qu’une subvention vienne de la DRAC change le traitement fiscal des travaux concernés : ce n’est pas un détail administratif mais un paramètre du calcul.
Émoluments
La rémunération du notaire à proprement parler, fixée par un tarif national, pas librement négociée.
Elle est proportionnelle au prix, par tranches dégressives, ce qui la rend très minoritaire dans les frais totaux. Une remise limitée est possible au-delà d’un certain prix, à la main du notaire.
Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes EHPAD
Une maison de retraite médicalisée — l’une des résidences de services louables en LMNP.
Le bien est loué nu à un exploitant, qui gère lui-même les chambres et les services : le propriétaire perçoit un loyer contractuel, sans les contraintes de la gestion locative directe. La fiscalité reste celle du meublé (LMNP), avec amortissement, puisque c’est l’exploitant qui meuble et exploite les lieux.
Frais de notaire
Aussi appelé : frais d’acquisition
Ce qu’on paie en plus du prix lors d’un achat, dont la plus grande part n’est pas pour le notaire mais pour l’État.
Le vrai nom est « frais d’acquisition », et ils se décomposent en trois : les droits de mutation (l’impôt, l’essentiel), les débours (les sommes avancées par le notaire pour votre compte) et les émoluments (sa rémunération, tarifée). Ils sont nettement plus faibles dans le neuf. Ils se paient comptant : les banques les financent rarement, c’est pour ça qu’on demande un apport.
Indivision
Plusieurs personnes propriétaires du même bien, chacune pour une quote-part, sans division matérielle.
Chacun possède un pourcentage de tout, personne ne possède une pièce en particulier. C’est la situation par défaut après une succession ou un achat à deux hors mariage. Sa faiblesse : les décisions importantes exigent l’accord de tous, et « nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision » — un seul indivisaire peut donc provoquer la vente. C’est souvent ce qui motive le passage en SCI.
Loi Malraux
Une réduction d’impôt pour la restauration complète d’immeubles anciens situés dans des secteurs protégés.
L’avantage porte sur les travaux, pas sur le prix d’achat, et son taux dépend du type de protection du secteur. Sa particularité : il échappe au plafonnement global des niches fiscales, ce qui en fait un des rares outils encore utiles quand les autres dispositifs sont saturés.
Loueur en meublé non professionnel LMNP
Le statut de celui qui loue un logement meublé sans que cette activité ne devienne son métier au sens fiscal.
Son intérêt tient à l’amortissement : au réel, on déduit chaque année une fraction de la valeur du bien, ce qui efface souvent le bénéfice imposable pendant des années sans qu’aucune dépense n’ait été engagée. Passer au-dessus de certains seuils de recettes fait basculer en LMP, avec des règles sociales et fiscales différentes.
Loueur en meublé professionnel LMP
Le même métier que le LMNP, mais requalifié en activité professionnelle au-delà de certains seuils de recettes.
Le basculement n’est pas une option, il est automatique quand les conditions sont réunies. Il change le traitement des déficits, des plus-values et l’assujettissement aux cotisations sociales, en mieux sur certains points, en moins bien sur d’autres.
Micro-BIC
Le régime simplifié de la location meublée : un abattement forfaitaire remplace toute comptabilité.
Simple et sans frais, mais il interdit d’amortir. Le réel devient donc souvent gagnant dès qu’il y a un crédit ou un bien de valeur, quitte à payer un expert-comptable. Le calcul du point de bascule est exactement ce que fait le calculateur dédié.
Micro-foncier
Le régime simplifié de la location vide : un abattement forfaitaire tient lieu de toutes vos charges, sans justificatif.
Il n’est ouvert qu’en dessous d’un plafond de loyers, et il est perdant dès que vos charges réelles dépassent l’abattement — typiquement l’année où vous faites des travaux. On peut alors opter pour le réel, mais l’option engage plusieurs années.
Monuments historiques
Un régime qui permet de déduire les charges d’un immeuble protégé du revenu global, sans plafond de niche.
Là où le Malraux donne une réduction d’impôt, celui-ci donne une déduction : l’avantage vaut donc votre tranche marginale, ce qui le rend d’autant plus puissant que vos revenus sont élevés. En contrepartie, engagement de conservation long et travaux encadrés par l’administration culturelle.
Nouveau programme national de renouvellement urbain NPNRU
Le grand programme de rénovation des quartiers prioritaires, dont le volet fiscal Malraux s’est éteint pour les dépenses récentes.
Nue-propriété
Le droit de posséder un bien sans pouvoir l’utiliser ni en toucher les revenus, tant que dure l’usufruit.
Le nu-propriétaire achète moins cher, ne perçoit rien, ne déclare rien, et voit son bien redevenir une pleine propriété à l’extinction de l’usufruit, sans droits à payer sur cette reconstitution. C’est l’attente transformée en décote.
Plan de sauvegarde et de mise en valeur PSMV
Le document d’urbanisme le plus protecteur d’un site patrimonial remarquable, et celui qui ouvre le taux Malraux le plus élevé.
Plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine PVAP
L’autre document possible dans un site patrimonial remarquable, moins contraignant que le PSMV, et associé à un taux Malraux plus bas.
Pleine propriété
La propriété entière, non coupée : l’usage du bien, ses revenus et le droit de le vendre réunis dans la même main.
C’est l’état normal d’un bien, et le point de comparaison de tout démembrement : la nue-propriété s’achète avec une décote par rapport à la valeur en pleine propriété, et la pleine propriété se reconstitue d’elle-même à l’extinction de l’usufruit, sans droits à payer sur cette réunion.
Plus-value immobilière
Le gain taxé lors de la revente d’un bien qui n’est pas votre résidence principale.
La résidence principale en est totalement exonérée. Pour les autres biens, l’imposition combine impôt sur le revenu et prélèvements sociaux, avec des abattements qui croissent avec la durée de détention — et qui ne courent pas au même rythme pour les deux, si bien que l’exonération n’est pas acquise à la même date des deux côtés.
Propriétaire non occupant PNO
L’assurance du propriétaire qui loue son bien, en complément de celle du locataire.
Obligatoire en copropriété, elle couvre les périodes de vacance et les sinistres dont le locataire n’est pas responsable. Petite prime, mais c’est une charge de plus à intégrer au calcul de rendement.
Quartier ancien dégradé QAD
Un périmètre d’intervention sur l’habitat ancien qui a ouvert droit au Malraux pour les dépenses payées jusqu’à une échéance désormais passée.
Quartier prioritaire de la politique de la ville QPV
Un quartier ciblé par la politique de la ville, où l’accession à la propriété bénéficie d’une TVA réduite.
L’avantage vaut aussi dans une bande de quelques centaines de mètres autour du quartier, et il est soumis à des plafonds de ressources. Il est inclus dans le prix affiché du logement neuf.
Reconnu garant de l’environnement RGE
La qualification exigée d’une entreprise pour que des travaux de rénovation énergétique ouvrent droit aux aides.
Sans artisan RGE, pas d’éco-PTZ ni d’aide énergétique, même si les travaux sont parfaitement réalisés. C’est une condition de forme, mais elle est éliminatoire.
Régime réel
Le régime où vous déduisez vos charges pour leur montant exact, justificatifs à l’appui, au lieu d’un forfait.
Plus de travail comptable, mais la seule façon de tenir compte de travaux importants, d’intérêts d’emprunt élevés, ou d’un amortissement en meublé. La règle de décision est simple : le réel gagne dès que vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire du micro.
Rentabilité brute
Les loyers d’une année divisés par le prix d’achat : le chiffre des annonces, et le plus flatteur.
Il ignore les frais d’acquisition, les charges, la taxe foncière, la vacance et l’impôt. Utile pour trier rapidement des biens entre eux, inutile pour décider.
Rentabilité nette
La rentabilité une fois retirées les charges réelles, et, en « net-net », une fois l’impôt payé.
C’est le seul chiffre comparable à un placement financier. L’écart avec le brut est rarement inférieur au tiers, et le passage au net-net dépend entièrement de votre tranche marginale : le même bien n’a pas la même rentabilité pour deux acheteurs différents.
Revenus fonciers
Les loyers d’un logement loué vide, dans leur case fiscale à eux.
La distinction avec la location meublée est structurante : le vide relève des revenus fonciers, le meublé des BIC, et les deux régimes n’offrent ni les mêmes abattements, ni le même traitement des travaux, ni la même possibilité d’amortir.
Site patrimonial remarquable SPR
Le périmètre protégé au titre du patrimoine, à l’intérieur duquel le Malraux est possible.
Créés en 2016, les SPR ont remplacé les anciens secteurs sauvegardés et zones de protection. Chaque SPR est couvert par un document d’urbanisme — PSMV ou PVAP — et c’est ce document, pas le SPR lui-même, qui détermine le taux de l’avantage fiscal.
Unité départementale de l’architecture et du patrimoine UDAP
Le service de l’État, dans chaque département, qui donne son avis sur les travaux touchant un bien protégé.
C’est là que travaillent les architectes des Bâtiments de France. Leur avis conditionne l’autorisation de travaux, et donc, en pratique, le calendrier et le coût d’une opération patrimoniale.
Usufruit
Le droit d’utiliser un bien et d’en percevoir les revenus, sans pouvoir le vendre seul.
L’usufruitier habite ou loue, encaisse les loyers, paie la taxe foncière et l’entretien courant. En contrepartie, il ne peut pas vendre le bien sans l’accord du nu-propriétaire, et son droit s’éteint à son décès, sans rien transmettre.
Vacance locative
Les périodes sans locataire, pendant lesquelles les charges continuent mais pas les loyers.
On la provisionne en pourcentage des loyers annuels plutôt qu’en espérant qu’elle n’arrive pas. Un mois de vide par an, c’est déjà une amputation notable du rendement, et les changements de locataire s’accompagnent en général de remise en état.
Vente en l’état futur d’achèvement VEFA
Aussi appelé : achat sur plan
L’achat d’un logement qui n’est pas encore construit, payé par tranches au fil du chantier.
Vous devenez propriétaire au fur et à mesure de l’avancement, et le prix se règle selon un échéancier légal, pas d’un coup à la fin. Conséquence sur le crédit : les intérêts courent sur les sommes déjà débloquées avant même que vous n’ayez les clés : c’est le différé, et ce sont des mois de double charge si vous êtes locataire à côté.
Viager
Une vente où l’acheteur paie une rente jusqu’au décès du vendeur, au lieu (ou en plus) d’un prix comptant.
Le versement initial s’appelle le bouquet, la suite la rente. Le prix total dépend donc de la durée de vie du vendeur, ce qui en fait un pari autant qu’un achat. On parle de viager « occupé » quand le vendeur continue d’habiter le bien, ce qui justifie une décote supplémentaire.